

Il vaut mieux
allumer une bougie
que maudire l'obscurité
Proverbe CHINOIS
Il est 7 h du mat, il pleut à fond sur Kinshasa, où je suis arrivée hier, dimanche. Un peu plus de deux semaines sur le territoire Congolais et me voilà déjà la tête archi pleine d’images et de sensations nouvelles !
En attendant l’heure d’aller découvrir le bureau de Kin, je vais essayer de vous raconter en résumé mes derniers jours.
J’ai atterri à Lubumbashi ville capitale du Katanga. Délestée de mon joli sac à dos et un peu fatiguée par mes 15 h de voyage. La ville est surprenante : organisée, propre, belle, pas surpeuplée …en apparence- faudra voir à la découverte. Equipe sur place super sympa malgré quelques histoires de bureau ….Deux jours plus tard, mon sac à dos arrive (ouf) et me voilà donc prête à faire le tour des terrains (5 jours de transport pour 6 jours de visite…). C’est du bonheur !! Cumuler les émotions d’aventure de découvrir un bout du pays en coucou, en voiture, en pirogue et en même temps découvrir enfin ce qui pour moi est le vrai Med_SF avec des vrais programmes !! Autre surprise agréable, les équipes mixtes travaillant et vivant ensemble qu’ils soient Congolais, Ivoiriens ou Français. On plonge tout de suite dans ce que j’aime : les mélanges de culture, de fonctionnement d’approche et évidemment, ça semble fonctionner à merveille….en première impression- faudra voir à la découverte ! Entouka (comme on dit ici) moi je m’y retrouve !
J’ai fait le tour des terrains avec Annie, la chef de mission du Katanga qui est ici depuis 1 mois puis avec Malika, la responsable du desk à Paris en visite. Donc super intéressant pour avoir une meilleure vue d’ensemble et pour avoir plus de réponses que de questions (ça change de mon démarrage en Angola !). Et en plus deux personnes d’enfer ! Bref, même si j’appréhende un peu au vu du boulot qu’il y a à mettre en place, j’ai une première impression franchement bien ! C’est déjà ça de pris.
Donc le déroulement a été d’atterrir à Kitenge où le programme d’urgence ferme ses portes à la fin du mois. Evidemment ambiance un peu morose , discussions avec les délégués du personnel, (oui oui, la loi congolaise est très élaborée et très respectée et suivie dans le domaine du travail). Mais ça va bien se passer, le tout géré par une équipe de nanas que ça fait plaisir. Puis kiss (comme disent les Med_SFiens) vers Ankoro = 8 heures de route. Le kiss ne consistant pas à embrasser à pleine bouche ses collègues mais bien à se retrouver à mi-chemin entre deux terrains, chaque voiture repartant ensuite vers sa base. Ankoro avec sa superbe cathédrale rouge, en bord du fleuve Congo et toutes ses « maisons » en terre rouge et toit de chaume, ses rues en terre…rouge, ses couchers de soleil…rouge (si,si, là aussi). Beau quoi. Programme de soutien à l’hôpital, digne de nos contrées occidentales, bien que perdu dans le katanga. Et CNT (Centre Nutritionnel Thérapeutique) pour les enfants de moins de 5 ans, avec un enfant accroché à chaque doigt durant ma visite. C’est un beau programme, où il va falloir semble-t-il travailler au désengagement de Med_SF et assurer la passation le jour où on partira. Là encore équipe super ! Ah oui, ils y ont aussi fait des forages pour assurer de l’eau potable pour l’hôpital et pour la population. Pas fini encore mais ça creuse.
Petite parenthèse : tout ça, je le raconte sans aborder aucunement le contexte politique du coin. Pour une raison principale, j’y comprends encore pas grand chose. Mais aussi car il me semble que sous des apparences calmes se cachent des tensions anciennes qui ne demanderaient qu’à ressurgir. Après, pourquoi il y a des tensions, suite au prochain numéro. Toujours est-il que si on intervient dans le coin c’est par rapport aux conséquences de conflits récents (puisque la situation semblerait « calme » ces derniers temps on n’est plus dans une urgence directement liée à un conflit présent mais bon). Quoique, à Mukubu, ma dernière étape dans ce tour, on a ouvert mi-août pour apporter de l’aide aux populations déplacées, fuyant leur villages pour des raisons de sécurité !! Pas de conflit officiel mais des forces armées qui dérapent entre elles sur le dos de la population. Entouka, faudra que je prenne des cours pour arriver à suivre ! Fermer la parenthèse.
Une petite anecdote pour changer : on s’est « incrustés » un soir dans une cérémonie ( ?) au son de djembé sur danse africaine avec féticheurs calmant une femme en transe. Et au milieu de tout ça un des danseurs endiablés qui s’approche de qui ? Et ben oui, vous avez deviné, de bibi et là, il était planté devant moi en dansant et alors j’ai du me lancer. Au moment où je me suis levée, la foule s’est aussi levée en hurlant dans une clameur impressionnante et après ils rigolaient à se tordre les côtes en me regardant gigoter. Allez savoir pourquoi …Entouka (ça revient souvent ce entouka, il me plait) ça été une soirée impressionnante d’émotions fortes et d’énergie.
Après deux jours, kiss vers Mukubu (prononcer Moukoubou) avec 4 h de barquette (pas LU) et 4 h de route. Pareil, j’ai beaucoup amusé le capitaine de barquette et son aide (la barquette est une coque alu plus grande qu’une pirogue, qui est le moyen de transport pour aller d’un terrain à l’autre par le fleuve Congo). La barquette était chargée de médocs, il me restait une planchette où poser mes fesses (après avoir escaladé souplement par dessus bord…). Et une matinée radieuse, comprendre des décors magnifiques et un cagnard de chez cagnard. J’ai donc un peu cramé sur ma planchette, trempant de temps en temps mon sweat dans l’eau pour protéger la bête du soleil et de la chaleur ! Après, y’avait plus qu’à admirer. C’est beau, beau, beau, j’en ai pris plein les mirettes et je vais sûrement me repasser les souvenirs quand je serai à la capitale !
Après le kiss et 4h30 de route plus tard, arrivée à Mukubu…du monde ! Pas une mobylette, pas un troquet ! L’équipe est installée dans des tukuls (genre paillotte), les latrines beaucoup plus modernes que celles de pépé au fond de son jardin (y’a un clou pour accrocher le PQ, c’est pour dire) et le sceau d’eau…froide pour la douche (sauf si on la prend en fin de journée et le soleil a chauffé l’eau du réservoir). Programme de soutien à l’hôpital (mais là un peu « rustique ») et CNT. En fait c’est super difficile à décrire . On intervient pour un très court terme, 3 mois qui vont en fait se transformer en 6, suite aux déplacements de population. Dès que le contexte se stabilisera (et là c’est coton à déterminer vu de ma fenêtre) et que les gens auront pu rentrer chez eux, on repartira nous aussi. Du coup, le programme de soutien prend une autre dimension, celle de parer au plus urgent compte tenu de ce qu’on trouve sur place. En fait c’est un énorme raccourci que je prends…voire un chemin de traverse…
Au cours d’une soirée là-bas, j’ai pensé au lionceau quand Yann, docteur Ivoirien, nous racontait ses aventures en brousse ivoirienne, lorsqu’avec un ami, ils avaient croisé un…lion qui passait par là alors qu’ils étaient tout deux à faire leur « commission ». Ce qui tient en deux lignes nous a tenu en haleine et en fou rire pendant longtemps, cette façon de raconter haute en couleur et de mimer, c’est quelque chose ! On a repensé à ça le surlendemain après avoir refait voiture/ barquette pour rentrer à Ankoro et prendre l’avion. Lorsque l’avion s’est posé (un petit 6 places, pilote compris, ouf que j’ai eu de l’entraînement avec Marc) on a imaginé le même scénario : un lion géant qui descend de sa boite de conserve et tétanise les foules malgré lui (quoique). Le retour a donc été intense pour 2 passagères pas très fan de petits coucous pilotés par un lion, j’étais moi-même un chouia tendue mais encore une fois le paysage survolé est à couper le souffle : once upon a time, I was flying in Africa…
Je vais m’arrêter là sinon vous n’aurez jamais de nouvelles. Je continuerai à vous raconter sur un autre message.
Comment dire au lionceau, à Patricia, Coco, Isa, l’oisillon bleu, la Niçoise .... que mes silences lourds m’ont envahie au retour d’Angola, qu’ils se sont installés longtemps, et que ces enfoirés se sont ensuite mués en une sorte de culpabilité tellement ils ne reflétaient pas ce que je ressens pour vous. C’est une explication, en aucun cas une bonne raison et je vous présente mes excuses.
Merci pour tous vos messages. A très vite. Je vous embrasse
Sylvie
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je viens de lire ton récit d'arrivée et à vue de nez cela est bien parti pour une mission pleine de découvertes extra.
ces 15 jours passés dans l'attente de tes news, sont comblés par tes descriptions choisies.
Un cyclone est encore passé au large et c'est tant mieux car apparamment il était Michto! Il se dirige sur le Mexique et Cuba.
Pour la secrétaire les modifs sur les def des tof les rendent plus agréables à regarder.
j'embrasse tous les potos, à bientôt.
Héloïse, Félix, Anne et Hervé