Lundi 6 février 2006

Eh le bônjour !
Encore une fois, je me suis retrouvée happée par l'impondérable. Vaudrait mieux s'y faire car je pense que ça va être le rythme de mes jours et de mes mois par ces contrées sauvages. Oui, j'ai dit sauvage. C'est quand même dingue que l'humain aime autant la guerre, le pillage et les viols. Mais j'y reviendrai plus tard. Pour l'instant petit résumé des épisodes précédents. Janvier, 1 er mois d'une l'année qui ressemble à tant d'autre et qui pourtant n'est jamais tout à fait la même. Kinshasa, le repos. Petite fête chez nos collègues les Belges, danse sous la pluie tropicale, un p'tit coup dans le nez  (heu..oui c'est ça, dans l'nez) et voilà c'est fait : 2006 a été accueillie dans son millénaire. Et puis voilà, la roue, elle, elle s'en fout que ça tourne, rond ou pas d'ailleurs. On était depuis décembre sur le qui-vive dans le Katanga car ça commençait à se battre dans la forêt et les populations se trouvent prises entre deux "ennemis" et trinquent et se déplacent et se retrouvent avec un balluchon, de la peur, pas de bouffe, pas d'abris et sur son chemin de débandade des exactions. On intervient et on monte un nouveau programme en urgence. Du taf mais quand ça craint, on compte pas. Et puis janvier donc, la roue s'accélère et explosion d'une épidémie de choléra. Tourne, tourne, tombe, tombe et ouverture d'un 2ème programme d'urgence pour la prise en charge de cette épidémie. Tout ça en accéléré avec encore une fois une grande qualité et dans la rapidité (ils sont forts ces vieux de la vieille !). Depuis Kinshasa la pas reposante (finalement), suivi de l'envoi d'un full charter (40T ) et c'est pas de la tarte, construction des budgets dans tous les sens (passionnant) et puis j'ai fini par m'enfuir pour une semaine de break en Ouganda car j'avais 2 ou 3 heures de sommeil en retard.. Arrivée à Kampala, capitale verdoyante très accrocheuse, pleine de couleurs et d'animation. L'équipe Msbip du coin m'annonce que nos équipes du congo de l'autre côté de la frontière sont en train d'évacuer un de nos programmes pour raison de désordre militaire. Ben ouais, je m'en doutais un peu mais j'ai fait la sourde oreille. Rien ne me déroutera de mon paradis. Donc le lendemain départ vers le cauchemar de Darwin, le lac Victoria. Ca fait quelque chose quand ces noms se transforment en une réalité ! Mais avant de se transformer, faut être patient. 12 heures de matatu (les petits combis où y a écrit "14 passagers maxi" et où on s'y retrouve à 25 + les poules !!! Un truc dingue ! "trop dégoutée d'la route tatchie" (salut Laura). J'ai eu la cote après avoir mis sur les oreilles d'un petit garçon qui pleurait un peu de musique. Lui était aux anges, nos oreilles aussi et la muzungu (la blanche) a du coup été "intégrée". On a fini mon sac et moi sur une mobylette en fin de journée. Le gars il éteignait ses phares alors je lui demande : c'est normal que tu les éteignes alors qu'il fait plutôt nuit ? Et lui de me répondre, ben oui sinon y a pleins d'insectes qui viennent se jeter sur les phares et du coup on voit plus rien et c'est dangereux .... Ah...d'accord....j'avais pas vu la chose sous cet angle...J'ai finalement atteint mon petit coin de paradis, peinarde, endroit magnifique, comme le pays d'ailleurs, bref du bonheur ! Sauf que pas possible de se baigner car y a des bêtes dans l'eau. Des minuscules qui te filent des trucs pas chouettes, la billarzioze (pas sûre de l'orthographe mais sûre que je préfère pas la choper). Sinon, une semaine très chouette, du vrai repos, j'ai presque fini le truc à chiffre de dingue (merci Tite Flo !) et je me suis cogné un bouquin passionnant "Congo, guerre sans frontières", un roman à l'eau de cactus. Ouf que, ça me permet en ce moment de suivre mieux ce qui se passe dans ce pays et j'avais quand même toujours dans un coin de ma t^te le retour et ses désordres militaires. En repassant par Kampala, j'ai recroisé les cow boys d'Angola qui étaient venus pour Marburg. Ca m'a fait plaisir de les revoir ! (Lulu, j'ai fauté, j'ai refilé ton cd à Filipe, celui que tu as vu un soir au restau à Paris. Il était super content et t'envoie des bisous !!! Du coup si à l'occasion tu peux m'en envoyer un autre car j'ai même pas eu le temps de l'écouter !!!!! Tu le mets sur ma note !!...). Bref, réimmersion totale et immédiate. Ca se bat de tous les côtés dans la région et arrivée sur Goma, j'ai croisé toute l'équipe évacuée qui est depuis 15 jours toujours en attente de pouvoir y retourner. Tourne, tourne, tombe, tombe, ça pète aussi au nord, populations déplacées (pas beaucoup, juste 40 000!!!) et dans des conditions qui n'arrivent pas à atteindre mon cerveau. Ce sont des mots (maux ?) qui ne peuvent se concrétiser. C'est pas humain. Si ? d'accord mais je rajoute, c'est hélas humain. Et là aussi, ouverture de 2 nouveaux programmes d'urgence pour déplacés et VVS (victimes de violences sexuelles). C'est pas un beau mois de janvier ? Ceux qui ont le pouvoir, y rigolent pas : quand ils prennent leurs bonnes résolutions pour la nouvelle année, y trainent pas pour les mettre en application !! Donc ambiance (pas de soucis, à Goma tout va bien, la Monuc veille à défaut de se réveiller et là aussi de l'équipe de choc). Et bien sûr, à quelques milliers de kms de là, la roue continue de tourner dans le Katanga. Lundi, je pars à Kayna (programme des déplacés) histoire de filer un coup de main pour une semaine puis retour sur Goma et après on verra. Les fameux impondérables...
Voilà vite fait. J'avais juste envie de vous dire que encore et toujours je me trouve bien à ma place, que ça me fait pas perdre un seul kilo, que je dors bien, que j'ai une énergie qui s'éclate, que parfois je fais pas ma fière à entendre toutes ces histoires, que je prends soin de moi - pas un seul cheveu blanc- bref que je vais bien !!
Mais je voulais aussi vous dire que j'adore les BD (!!!!!!!!!), que Gabi, comment t'oublier ??? (ta fille te ressemble tellement), Catherine, ta fille a tes yeux, Chers Maitre et Gator encore des bulles, Brett, t'es un chouchou, Pierre, t'as été voir Martinsky mon ophtalmo préféré (ben oui quoi, c'est pas paske chui loin que chui plus une chieuse !), Bruno c'est fini les poèmes ? Boub, y a ici une nana d'enfer qui est ton sosie ! Simba (ben oui, fini le lionceau), la Martin, Pat (ouf), les kévorbiche quel beau tit gars ! ma Coco, mon crapounet gang,  mes parents, ma soeur, le Bob (t'as pas d'ot films?), la Laura et le Kikou, the Eaubonne's gang, Tite Flo toute bronzée, mes trocadiennes, ma Anne et son xuxu's gang, bref, c'est toujours difficile car je ne cite pas tout le monde, la famille Michaud du Sud, la famille Violan de partout, Mael bienvenu sur Terre ! Elisabeth, des bisous, l'oisillon bleu, la niçoise, the music gang, les Vincennois du crapaud, VOUS TOUS.
Bref, je suis loin mais vous, vous êtes très près de moi.
Mille bisous
Sylvie

Par La Markize - Publié dans : Lettres du Congo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Bonjour,


C'est bien cool d'avoir un blog quand on est expat. Comme toi, j'ai trouvé ce moyen idoine pour garder le contact avec les amis et la famille.


Ton blog est très sympa, avec beaucoup de récits humains. C'est très bien.


 


Bon courage pour la suite


 


Youri


http://youri.canalblog.com

Commentaire n°1 posté par Youri le 04/03/2006 à 11h04

Catégories

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus