Lettres du Congo

Vendredi 21 octobre 2005

Il est 7 h du mat, il pleut à fond sur Kinshasa, où je suis arrivée hier, dimanche. Un peu  plus de deux semaines sur le territoire Congolais et me voilà déjà la tête archi pleine d’images et de sensations nouvelles !

En attendant l’heure d’aller découvrir le bureau de Kin, je vais essayer de vous raconter en résumé mes derniers jours.

J’ai atterri à Lubumbashi ville capitale du Katanga. Délestée de mon joli sac à dos et un peu fatiguée par mes 15 h de voyage. La ville est surprenante : organisée, propre, belle, pas surpeuplée …en apparence- faudra voir à la découverte.  Equipe sur place super sympa malgré quelques histoires de bureau ….Deux jours plus tard, mon sac à dos arrive (ouf) et me voilà donc prête à faire le tour des terrains (5 jours de transport pour 6 jours de visite…). C’est du bonheur !! Cumuler les émotions d’aventure de découvrir un bout du pays en coucou, en voiture, en pirogue et en même temps découvrir enfin ce qui pour moi est le vrai Med_SF avec des vrais programmes !! Autre surprise agréable, les équipes mixtes travaillant et vivant ensemble qu’ils soient Congolais, Ivoiriens ou Français. On plonge tout de suite dans ce que j’aime : les mélanges de culture, de fonctionnement  d’approche et  évidemment, ça semble fonctionner à merveille….en première impression- faudra voir à la découverte ! Entouka (comme on dit ici) moi je m’y retrouve !

J’ai fait le tour des terrains avec Annie,  la chef de mission du Katanga qui est ici depuis 1 mois puis avec Malika,  la responsable du desk à Paris en visite. Donc super intéressant pour avoir une meilleure vue d’ensemble et pour avoir plus de réponses que de questions (ça change de mon démarrage en Angola !). Et en plus deux personnes d’enfer ! Bref, même si j’appréhende un peu au vu du boulot qu’il y a à mettre en place, j’ai une première impression franchement bien ! C’est déjà ça de pris.

Donc le déroulement  a été d’atterrir à Kitenge où le programme d’urgence ferme ses portes à la fin du mois. Evidemment ambiance un peu morose , discussions avec les délégués du personnel, (oui oui, la loi congolaise est très élaborée et très respectée et suivie dans le domaine du travail). Mais ça va bien se passer, le tout géré par une équipe de nanas que ça fait plaisir. Puis kiss (comme disent les Med_SFiens) vers Ankoro = 8 heures de route. Le kiss ne consistant pas à embrasser à pleine bouche ses collègues mais bien à se retrouver à mi-chemin entre deux terrains, chaque voiture repartant ensuite vers sa base.  Ankoro avec sa superbe cathédrale rouge, en bord du fleuve Congo et toutes ses « maisons » en terre rouge et toit de chaume, ses rues en terre…rouge, ses couchers de soleil…rouge (si,si, là aussi). Beau quoi. Programme de soutien à l’hôpital, digne de nos contrées occidentales, bien que perdu dans le katanga. Et CNT (Centre Nutritionnel Thérapeutique) pour les enfants de moins de 5 ans, avec un enfant accroché à chaque doigt durant ma visite. C’est un beau programme, où il va falloir semble-t-il travailler au désengagement de Med_SF et assurer la passation le jour où on partira. Là encore équipe super ! Ah oui, ils y ont aussi fait des forages pour assurer de l’eau potable pour l’hôpital et pour la population. Pas fini encore mais ça creuse.

Petite parenthèse : tout ça, je le raconte sans aborder aucunement le contexte politique du coin. Pour une raison principale, j’y comprends encore pas grand chose. Mais aussi car il me semble que sous des apparences calmes se cachent des tensions anciennes qui ne demanderaient qu’à ressurgir. Après, pourquoi il y a des tensions, suite au prochain numéro. Toujours est-il que si on intervient dans le coin c’est par rapport aux conséquences de conflits récents (puisque la situation semblerait « calme » ces derniers temps on n’est plus dans une urgence directement liée à un conflit présent mais bon). Quoique, à Mukubu, ma dernière étape dans ce tour, on a ouvert mi-août pour apporter de l’aide aux populations déplacées, fuyant leur villages pour des raisons de sécurité !! Pas de conflit officiel mais des forces armées qui dérapent entre elles sur le dos de la population. Entouka, faudra que je prenne des cours pour arriver à suivre ! Fermer la parenthèse.

Une petite anecdote pour changer : on s’est « incrustés » un soir dans une cérémonie ( ?) au son de djembé sur danse africaine avec féticheurs calmant une femme en transe. Et au milieu de tout ça un des danseurs endiablés qui s’approche de qui ? Et ben oui, vous avez deviné, de bibi et là, il était planté devant moi en dansant et alors j’ai du  me lancer. Au moment où je me suis levée, la foule s’est aussi levée en hurlant dans une clameur impressionnante et après ils rigolaient à se tordre les côtes en me regardant gigoter. Allez savoir pourquoi …Entouka (ça revient souvent ce entouka, il me plait) ça été une soirée impressionnante d’émotions fortes et d’énergie.

Après deux jours, kiss vers Mukubu (prononcer Moukoubou) avec 4 h de barquette (pas LU) et 4 h de route. Pareil, j’ai beaucoup amusé le capitaine de barquette et son aide (la barquette est une coque alu plus grande qu’une pirogue, qui est le moyen de transport pour aller d’un terrain à l’autre par le fleuve Congo). La barquette était chargée de médocs, il me restait une planchette où poser mes fesses (après avoir escaladé souplement par dessus bord…). Et une matinée radieuse, comprendre des décors magnifiques et un cagnard de chez cagnard. J’ai donc un peu cramé sur ma planchette, trempant de temps en temps mon sweat dans l’eau pour protéger la bête du soleil et de la chaleur ! Après, y’avait plus qu’à admirer. C’est beau, beau, beau,  j’en ai pris plein les mirettes et je vais sûrement me repasser les souvenirs quand je serai à la capitale !

 

Après le kiss et 4h30 de route plus tard, arrivée à Mukubu…du monde ! Pas une mobylette, pas un troquet ! L’équipe est installée dans des tukuls (genre paillotte), les latrines beaucoup plus modernes que celles de pépé au fond de son jardin (y’a un clou pour accrocher le PQ, c’est pour dire) et le sceau d’eau…froide pour la douche (sauf si on la prend en fin de journée et le soleil a chauffé l’eau du réservoir). Programme de soutien à l’hôpital (mais là un peu « rustique »)  et CNT. En fait c’est super difficile à décrire . On intervient pour un très court terme, 3 mois qui vont en fait se transformer en 6, suite aux déplacements de population. Dès que le contexte se stabilisera (et là c’est coton à déterminer vu de ma fenêtre) et que les gens auront pu rentrer chez eux, on repartira nous aussi. Du coup, le programme de soutien prend une autre dimension, celle de parer au plus urgent compte tenu de ce qu’on trouve sur place. En fait c’est un énorme raccourci que je prends…voire un chemin de traverse…

 Au cours d’une soirée là-bas, j’ai pensé au lionceau quand Yann, docteur Ivoirien, nous racontait ses aventures en brousse ivoirienne, lorsqu’avec un ami, ils avaient croisé un…lion qui passait par là alors qu’ils étaient tout deux à faire leur « commission ». Ce qui tient en deux lignes nous a tenu en haleine et en fou rire pendant longtemps, cette façon de raconter haute en couleur et de mimer, c’est quelque chose ! On a repensé à ça le surlendemain après avoir refait voiture/ barquette pour rentrer à Ankoro et prendre l’avion. Lorsque l’avion s’est posé (un petit 6 places, pilote compris, ouf que j’ai eu de l’entraînement avec Marc) on a imaginé le même scénario : un lion géant qui descend de sa boite de conserve et tétanise les foules malgré lui (quoique). Le retour a donc été intense pour 2 passagères pas très fan de petits coucous pilotés par un lion, j’étais moi-même un chouia tendue mais encore une fois le paysage survolé est à couper le souffle : once upon a time, I was flying in Africa…

 Je vais m’arrêter là sinon vous n’aurez jamais de nouvelles. Je continuerai à vous raconter sur un autre message.

 Comment dire au lionceau, à Patricia, Coco, Isa, l’oisillon bleu, la Niçoise .... que mes silences lourds m’ont envahie au retour d’Angola, qu’ils se sont installés longtemps, et que ces enfoirés se sont ensuite mués en une sorte de culpabilité tellement ils ne reflétaient pas ce que je ressens pour vous. C’est une explication, en aucun cas une bonne raison et je vous présente mes excuses.

 Merci pour tous vos messages. A très vite. Je vous embrasse

 Sylvie

Par La Markize
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Lundi 31 octobre 2005

 
Je rame à fond sur internet : presque 1 h que j'y suis pour ouvrir 2 messages...Patience...Bon, je ne sais plus où j'en étais et depuis les jours coulent. Kinshasa la Belle comme on l'appelait, ville qui semble interessante, immense et pleine d'ambiances différentes. Il va falloir que je trouve des guides sinon on tourne vite en rond. Je prends mes marques au bureau mais je ne sais vraiment pas comment je vais m'y prendre depuis Kin à soutenir les coordinations régionales : c'est que ça fait un peu loin tout ça et ça bouge vite ! Beaucoup plus vite que d'y aller ! Début novembre, je retourne à Lubumbashi, là où j'ai atterri, car l'admin qui était en poste est partie hier : elle commencait à fatiguer grave et du coup ça coincait pour elle et pour l'équipe.La décision a été prise qu'elle rentre plus tot et du coup eh ben je m'y colle en attendant son remplacant...Ca ne me dérange pas, le tout c'est que le côté faut s'occuper de toute la Rdc attendra un peu.
En fait, j'ai l'impression qu'ici, il ne faut pas se précipiter. Ca fonctionne à un rythme complexe où il faut avoir fait le tour avant de vouloir avoir un semblant d'idée. Bon ça semble logique mais ici c'est indispensable et en cours de route on fait des sacrés détours !
Sinon bureau et maison changent beaucoup de la version Luandaise : nous sommes dans le grand chic : 6 chambres 2 sdb, 1 salon qui fait mon appart, cuisines et dépendances, 1 jardin 3 à 4 fois plus grand que celui d'Aulnay, Bref the class. Evidemment, l'ameublement en sky d'un jaune poussin des plus collants lorsqu'il fait 30°, une TV avec 2 chaines locales, l'une qui a le son, l'autre l'image (pas encore reussi a avoir les 2 ensemble), 1 frigo qui rafraichit (c'est déjà bien) et des ventilos qu'on se croirait dans 1 avion pret à décoller (d'ailleurs c'est presque le cas, faut s'accrocher sous sa moustiquaire). Et Fridolin, cuisinier, qui me fait des petits plats à moi toute seule (puisque cette semaine Jean Guy, chef de mission, était sous les cocotiers en wouacances, et Denis et Chantal dans le Nord Kivu). Donc un statut de chatelaine, j'ai même cru que Fridolin, donc, allait me sortir les gants (si, si). Le premier jour de mon arrivée, il m'a accueillie en tenue blanche que j'ai cru que le président était invité ! Depuis exit la tenue blanche, ça doit être pour les jours de fête ! Il y a aussi Jeannette, pour le ménage (et oui n'ayons peur de rien) qui est adorable. Et au bureau, nous avons aussi Bavon, cuisinier de son état, au cas où des expats de passage...passent... Alors évidemment, je vais attendre un peu, regarder qui fait quoi mais il me semble à vue de nez que nous sommes bien nombreux....
Sinon, l'équipe est très sympa. On s'est fait une petite virée vendredi et à refaire ! Tout le monde s'entend bien (quoique ? la fameuse complexité d'ici : ce qui apparait n'est pas forcément vrai, ce qui n'apparait pas...non plus...) mais à suivre ...
Il fait chaud, ya pleins de moustiques et puis des voraces. Impossible de rester dehors mais toujours à l'intérieur, à l'abri des moustiquaires aux fenetres. Pleins d'oiseaux dans le jardin, et ...des gros rats qui longent les murs (à l'extérieur sinon vous m'auriez déja entendu crier !).
Un peu décousu comme message mais j'essaye de décrire un peu tout et je m'y perds ! Cette fois-ci je vais pas gagner de poème !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (Impressionnant et quel talent insoupçonné ! ). Bon je vais pas tarder car les moustiques attaquent comme en Gwada.

Je vous embrasse tous très très fort
Sylvie

Par La Markize
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Dimanche 18 décembre 2005

Et me revoilà après ...1,5 mois de silence ? C'est fou ce que ça passe vite par ici !
Aujourd'hui, c'est jour de référedum en RDC : oui ou non pour la nouvelle constitution. Ca me rappelle mai dernier en France. Les gens n'ont eu le texte que récemment, n'y comprenne strictement rien et cela se transforme en vote politique pour ou contre le gars en place. Les résultats bientôt. Pour l'instant les frontières sont fermées donc je suis toujours à Lubumbashi (depuis un mois et demi) et devrait rentrer sur Kinshasa jeudi prochain (en passant comme d'hab par Nairobi puisque les compagnies aériennes locales sont blacklistées). Et c'est le truc a bien respecter..quand on apprend que dimanche dernier 2 expats MedSF sont morts dans le crash d'un avion au Nigeria, ça fait froid dans le dos. Sale année pour les avions et sale année pour les MedSF perdus.

Bref donc depuis que je suis arrivée à Lubum, ça ne chome pas. J'ai intégré définitivement le fait que j'aime bien me défoncer au boulot et là comme je m'y éclate, c'est vraiment bien ! Bon petit mal au dos quand même mais je vais faire un petit break dans le rythme dès que je serai à Kin. Hier on est allé voir un chinois en médecine traditionnelle qui annoncait faire des massages. Doc Zhu (son petit nom) soigne mais Dieu guérit nous annonce le prospectus qu'il nous tend. Bref pour les massages, finalement il ne fait pas trop (son prospectus serait-il mensonger ?) mais "je peux faire une injection" (faut imaginer l'accent, sinon demander à Dame Flo). "Vous avez mal là ?" (et il me défonce le dos de son doigt) "je vous injecte des plantes et c'est fini". Oui ben j'ai pas du tout envie de finir mon gars alors à une prochaine fois ! 

 

 

 

 

 

Sinon, ça chauffe un peu au Katanga. Cholera sur un de nos programmes. Prise en charge immédiate et les équipes font des virées aux alentours pour voir si les cas se propagent ou pas. Apparemment, cela suit la ligne de chemin de fer (et oui un truc belge qui reste) et le fleuve et ses baleinières (des énormes bateau à coque plate qui transportent jusqu'à 60 tonnes le long du fleuve Congo et quand on les voit passer on se dit que si ça coule un jour ça va faire mal tellement il y a plus que 60T. Donc pour l'instant pas d'épidémie (même si 1 seul cas en cholera se traite comme si c'était une épidémie tellement c'est rapidement contagieux) mais ouf que là, ça se soigne !!! Ca change de Marburg et les gens s'en rentrent chez eux gueris et contents. Sur l'autre programme, les forces armées du pouvoir en place ont lancé des offensives pour traquer les Mai-mai, jeunes gens armés qui dérapent, enfin, ils dérapent un peu tous dans le coin. Donc évidemment, les villageois sont pris entre deux feux et se sauvent ailleurs pour se planquer. Et là, pas d'abris, pas de bouffe, pas d'accès aux soins. Le chef de mission est parti faire une explo (comme on dit par ici) pour évaluer la situation et du coup les besoins d'une intervention. Apparemment, y a du monde et je crois qu'on ne va pas tarder à ouvrir un nouveau programme de soutien à ces populations déplacées (distribution de NFI - Non Food Items c'est à dire couvertures, sets de cuisine principalement. Et puis mise en place de cliniques mobiles pour soigner et faire de la surveillance nutritionnelle). Heureusement, un admin remplacant est arrivé mi-nov et surprise, c'est celui qui m'a remplacé en Angola et qui a fait la fermeture là-bas. Donc il connait bien et c'est un plaisir de bosser avec lui (même s'il est super soulant tellement il est speed mais entouka keskon rigole !!). Donc je vais enfin pourvoir m'éclipser et vers fin janvier aller dans le Nord Kivu (il serait temps après 4 mois sur le territoire !).


Je m'éclate toujours autant. Y a des vieux de la vieille de la maison et c'est fou le niveau autant opérationnel que personnel (dans le gabarit des urgentistes venus en Angola pour Marburg). Bon après c'est des caractères très légèrement trempés et faut faire sa place. Du coup ça sert d'être un peu têtue et d'adorer les relations humaines. Si on peut pas passer par la porte, y a qu'a choisir la fenêtre...Mais c'est parfois aussi un peu déroutant. Finalement, je pense que ce qui est difficile , comme en Angola et sûrement comme partout, c'est de se ressourcer en huis clos. On puise dans ses ressources mais si on ne les recharge pas, c'est le moral qui en prend un coup. Alors on dort un coup, et quand ça va mieux, on reflechit, on relativise, on replace à la bonne place et là ça repart.
Côté boulot, budget en ce moment, en fait depuis un mois et au Katanga, le temps est beaucoup plus lourd qu'ailleurs alors il en faut plus pour faire les choses. Les congolais sont très embrouilleurs, d'une histoire ils en font un roman, d'une remarque ils en font des disputes, d'un problème ils en font un procès, c'est vraiment compliqué !! Et tout ça dans l'humour (sauf entre eux où parfois ça rigole moins) et si possible en Swahili où tu comprends rien. Quoique, c'est drôle mais à force d'observer et d'apprendre je finis par choper les discussions en comprenant le seul mot français qui s'échappe et je les scotche quand je reprend la discussion pour trouver la solution. Ils finissent donc par se calmer et par aborder le travail un chouia plus en équipe et non pas les uns contre les autres. On va bien y arriver mais ils sont quand même bouffeurs d'énergie.

 Je m'éclate toujours autant. Y a des vieux de la vieille de la maison et c'est fou le niveau autant opérationnel que personnel (dans le gabarit des urgentistes venus en Angola pour Marburg). Bon après c'est des caractères très légèrement trempés et faut faire sa place. Du coup ça sert d'être un peu têtue et d'adorer les relations humaines. Si on peut pas passer par la porte, y a qu'a choisir la fenêtre...Mais c'est parfois aussi un peu déroutant. Finalement, je pense que ce qui est difficile , comme en Angola et sûrement comme partout, c'est de se ressourcer en huis clos. On puise dans ses ressources mais si on ne les recharge pas, c'est le moral qui en prend un coup. Alors on dort un coup, et quand ça va mieux, on reflechit, on relativise, on replace à la bonne place et là ça repart.
Côté boulot, budget en ce moment, en fait depuis un mois et au Katanga, le temps est beaucoup plus lourd qu'ailleurs alors il en faut plus pour faire les choses. Les congolais sont très embrouilleurs, d'une histoire ils en font un roman, d'une remarque ils en font des disputes, d'un problème ils en font un procès, c'est vraiment compliqué !! Et tout ça dans l'humour (sauf entre eux où parfois ça rigole moins) et si possible en Swahili où tu comprends rien. Quoique, c'est drôle mais à force d'observer et d'apprendre je finis par choper les discussions en comprenant le seul mot français qui s'échappe et je les scotche quand je reprend la discussion pour trouver la solution. Ils finissent donc par se calmer et par aborder le travail un chouia plus en équipe et non pas les uns contre les autres. On va bien y arriver mais ils sont quand même bouffeurs d'énergie.

Quoi d'autre, ah oui attention les Vignes j'apprends un peu le grec, grand concours au retour !! Comment ça keske je fous à apprendre le grec ? C'est pourtant évident ! Il y a à Lubumbashi une grande communauté grecque et surtout insulaire (et oui tout comme nous l'ont raconté les Mapoules) et à côté du bureau il y a un troquet restau grec qui est devenu un peu notre cantine du soir. En plein Congo, on se retrouve en fond sonore avec les news..en grec (qu'on savait même pas dans quel pays s'était crashé l'avion dans l'immeuble), ou bien shows télévisés grec le tout en jouant au billard (je suis une bille - une boule ?- à ce truc là mais je vais progresser pour mettre la pâté au cher Maitre), le tout entouré de la fameuse communauté grecque (enfin des mecs y a pas de raison qu'ils soient moins macho ici) qui s'échauffe autour de backgammon et dames (pas les épouses, vous l'aurez compris). L'adaptabilité, quelle belle notion. Elle aussi elle pompe de l'énergie mais là, je nage en plein délice. J'adore décidement les mélanges et les différences...
Changement de conversation, pour Noel, je vais peut-être aller à Brazzaville (en face de Kinshasa, de l'autre côté du fleuve). Y habite Jeanne, la médecin congolaise qui était venue à Luanda pour faire faire des visas et qui avait passée une semaine à la maison (celle qui m'a offert le sac que je t'ai donné Anne). Super nana, on s'est appelées et comme je dois y aller pour aider Chantal (la coordinatrice médicale de Kinshasa qui est elle aussi brazzavilloise) à faire passer 2 vélos, cadeau de Noel pour sa fille et son neveu, je pense en profiter et y rester le week end chez Jeanne. 

 

 

Voila en gros les news. Heureuse comme une habitude qui ne se prend pas, de vous lire et de voir les photos (elle est belle ma xuxu !!), d'avoir des nouvelles de béliers et d'ex-brésilienne que je n'attendais pas, d'avoir un peu de neige pour raffraichir la nostalgie.
Mille pensées, mille baisers
Sylvie

dimanche 18 décembre 2005

Par la Markize
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Lundi 2 janvier 2006

Par la Markize
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Lundi 6 février 2006

Eh le bônjour !
Encore une fois, je me suis retrouvée happée par l'impondérable. Vaudrait mieux s'y faire car je pense que ça va être le rythme de mes jours et de mes mois par ces contrées sauvages. Oui, j'ai dit sauvage. C'est quand même dingue que l'humain aime autant la guerre, le pillage et les viols. Mais j'y reviendrai plus tard. Pour l'instant petit résumé des épisodes précédents. Janvier, 1 er mois d'une l'année qui ressemble à tant d'autre et qui pourtant n'est jamais tout à fait la même. Kinshasa, le repos. Petite fête chez nos collègues les Belges, danse sous la pluie tropicale, un p'tit coup dans le nez  (heu..oui c'est ça, dans l'nez) et voilà c'est fait : 2006 a été accueillie dans son millénaire. Et puis voilà, la roue, elle, elle s'en fout que ça tourne, rond ou pas d'ailleurs. On était depuis décembre sur le qui-vive dans le Katanga car ça commençait à se battre dans la forêt et les populations se trouvent prises entre deux "ennemis" et trinquent et se déplacent et se retrouvent avec un balluchon, de la peur, pas de bouffe, pas d'abris et sur son chemin de débandade des exactions. On intervient et on monte un nouveau programme en urgence. Du taf mais quand ça craint, on compte pas. Et puis janvier donc, la roue s'accélère et explosion d'une épidémie de choléra. Tourne, tourne, tombe, tombe et ouverture d'un 2ème programme d'urgence pour la prise en charge de cette épidémie. Tout ça en accéléré avec encore une fois une grande qualité et dans la rapidité (ils sont forts ces vieux de la vieille !). Depuis Kinshasa la pas reposante (finalement), suivi de l'envoi d'un full charter (40T ) et c'est pas de la tarte, construction des budgets dans tous les sens (passionnant) et puis j'ai fini par m'enfuir pour une semaine de break en Ouganda car j'avais 2 ou 3 heures de sommeil en retard.. Arrivée à Kampala, capitale verdoyante très accrocheuse, pleine de couleurs et d'animation. L'équipe Msbip du coin m'annonce que nos équipes du congo de l'autre côté de la frontière sont en train d'évacuer un de nos programmes pour raison de désordre militaire. Ben ouais, je m'en doutais un peu mais j'ai fait la sourde oreille. Rien ne me déroutera de mon paradis. Donc le lendemain départ vers le cauchemar de Darwin, le lac Victoria. Ca fait quelque chose quand ces noms se transforment en une réalité ! Mais avant de se transformer, faut être patient. 12 heures de matatu (les petits combis où y a écrit "14 passagers maxi" et où on s'y retrouve à 25 + les poules !!! Un truc dingue ! "trop dégoutée d'la route tatchie" (salut Laura). J'ai eu la cote après avoir mis sur les oreilles d'un petit garçon qui pleurait un peu de musique. Lui était aux anges, nos oreilles aussi et la muzungu (la blanche) a du coup été "intégrée". On a fini mon sac et moi sur une mobylette en fin de journée. Le gars il éteignait ses phares alors je lui demande : c'est normal que tu les éteignes alors qu'il fait plutôt nuit ? Et lui de me répondre, ben oui sinon y a pleins d'insectes qui viennent se jeter sur les phares et du coup on voit plus rien et c'est dangereux .... Ah...d'accord....j'avais pas vu la chose sous cet angle...J'ai finalement atteint mon petit coin de paradis, peinarde, endroit magnifique, comme le pays d'ailleurs, bref du bonheur ! Sauf que pas possible de se baigner car y a des bêtes dans l'eau. Des minuscules qui te filent des trucs pas chouettes, la billarzioze (pas sûre de l'orthographe mais sûre que je préfère pas la choper). Sinon, une semaine très chouette, du vrai repos, j'ai presque fini le truc à chiffre de dingue (merci Tite Flo !) et je me suis cogné un bouquin passionnant "Congo, guerre sans frontières", un roman à l'eau de cactus. Ouf que, ça me permet en ce moment de suivre mieux ce qui se passe dans ce pays et j'avais quand même toujours dans un coin de ma t^te le retour et ses désordres militaires. En repassant par Kampala, j'ai recroisé les cow boys d'Angola qui étaient venus pour Marburg. Ca m'a fait plaisir de les revoir ! (Lulu, j'ai fauté, j'ai refilé ton cd à Filipe, celui que tu as vu un soir au restau à Paris. Il était super content et t'envoie des bisous !!! Du coup si à l'occasion tu peux m'en envoyer un autre car j'ai même pas eu le temps de l'écouter !!!!! Tu le mets sur ma note !!...). Bref, réimmersion totale et immédiate. Ca se bat de tous les côtés dans la région et arrivée sur Goma, j'ai croisé toute l'équipe évacuée qui est depuis 15 jours toujours en attente de pouvoir y retourner. Tourne, tourne, tombe, tombe, ça pète aussi au nord, populations déplacées (pas beaucoup, juste 40 000!!!) et dans des conditions qui n'arrivent pas à atteindre mon cerveau. Ce sont des mots (maux ?) qui ne peuvent se concrétiser. C'est pas humain. Si ? d'accord mais je rajoute, c'est hélas humain. Et là aussi, ouverture de 2 nouveaux programmes d'urgence pour déplacés et VVS (victimes de violences sexuelles). C'est pas un beau mois de janvier ? Ceux qui ont le pouvoir, y rigolent pas : quand ils prennent leurs bonnes résolutions pour la nouvelle année, y trainent pas pour les mettre en application !! Donc ambiance (pas de soucis, à Goma tout va bien, la Monuc veille à défaut de se réveiller et là aussi de l'équipe de choc). Et bien sûr, à quelques milliers de kms de là, la roue continue de tourner dans le Katanga. Lundi, je pars à Kayna (programme des déplacés) histoire de filer un coup de main pour une semaine puis retour sur Goma et après on verra. Les fameux impondérables...
Voilà vite fait. J'avais juste envie de vous dire que encore et toujours je me trouve bien à ma place, que ça me fait pas perdre un seul kilo, que je dors bien, que j'ai une énergie qui s'éclate, que parfois je fais pas ma fière à entendre toutes ces histoires, que je prends soin de moi - pas un seul cheveu blanc- bref que je vais bien !!
Mais je voulais aussi vous dire que j'adore les BD (!!!!!!!!!), que Gabi, comment t'oublier ??? (ta fille te ressemble tellement), Catherine, ta fille a tes yeux, Chers Maitre et Gator encore des bulles, Brett, t'es un chouchou, Pierre, t'as été voir Martinsky mon ophtalmo préféré (ben oui quoi, c'est pas paske chui loin que chui plus une chieuse !), Bruno c'est fini les poèmes ? Boub, y a ici une nana d'enfer qui est ton sosie ! Simba (ben oui, fini le lionceau), la Martin, Pat (ouf), les kévorbiche quel beau tit gars ! ma Coco, mon crapounet gang,  mes parents, ma soeur, le Bob (t'as pas d'ot films?), la Laura et le Kikou, the Eaubonne's gang, Tite Flo toute bronzée, mes trocadiennes, ma Anne et son xuxu's gang, bref, c'est toujours difficile car je ne cite pas tout le monde, la famille Michaud du Sud, la famille Violan de partout, Mael bienvenu sur Terre ! Elisabeth, des bisous, l'oisillon bleu, la niçoise, the music gang, les Vincennois du crapaud, VOUS TOUS.
Bref, je suis loin mais vous, vous êtes très près de moi.
Mille bisous
Sylvie

Par La Markize
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Samedi 18 mars 2006

Bonjour Sylvie,
 
Voila pas mal de jours que l' on essaie de téléphoner, mais toujours toujours occupé, et quand par hasard, ça sonne, rien de plus ne se passe!!
Alors, au moins qd tu reviendras dans la civilisation, tu pourras voir que l' on pensait à toi, même si tu n' as pas besoin de ce message là!
Rien de spécial ici, dimanche nous sommes invités chez la famille Allard qui part en Guadeloupe début avril pour 1 mois..
Philippe est tjrs à la maison, mais de moins en moins, car il a une petite copine Mauricienne...
Aulnay, c' est un peu la base intendance!
Et il fait toujours froid...
Et toi, comment vas-tu?
Toujours je suppose en mission à l' intérieur de cette république Démocratique....et tu apprécieras peut-être de retourner toi aussi à ta base locale!
mais comme tu as bien l' air de t' y plaire, on ne se fait pas de soucis, enfin pas trop!
Je vais continuer mes X appels quotidiens, dans le tas, j' en aurai bien un qui passera un jour!
Nous t' embrassons très fort.
Tes parents

Par Odette et jean-Claude
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Samedi 8 avril 2006

ANKORO

 

BRAZZAVILLE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kanyabayonga et Goma

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par la Markize
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Dimanche 9 avril 2006

   



LUBUMBASHI

KINSHASSA

 

KAYNA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KIVU    

 

     

LAC VICTORIA (Ouganda)

 LAMU (Kenya)

 

 
   
   
   
   

 MUKUBU


Mukubu


La chambre

 
Les latrines

 
La pharmacie

 RUTSHURU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par la Markize
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Lundi 28 août 2006

Djambo sana 

Après quelques mois d'interruption écrite, me voici à nouveau à mon clavier pour vous envoyer quelques nouvelles.

Je suis actuellement à Kinshasa, arrivée hier dimanche, très légèrement explosée de fatigue mais heureuse.Heureuse de n'avoir regretté aucun jour passé en RDC avec MSbip. Et heureuse de bientôt rentrer. Mais avant de rentrer, je vais faire une petite escale vacances en Ethiopie. J'y pars jeudi 31 et reviens sur Kin le 17 septembre pour en suivant m'envoler vers les cieux de mon home, sweet home.
Parait qu'à Adhis il fait froid, il y a des inondations dans le pays et des cas de choléra. A croire que c'est du masochisme de ma part... Mais parait aussi qu'il y a un coin bien tranquille où il fera bon m'y reposer. Alors j'opte pour cette deuxieme possibilite. Car du repos, j'en ai un peu besoin avant de rentrer. Dormir, glander et regarder passer les troupeaux de...vaches. Désolée Héloise, pas de lion ni de girafe. Grand producteur de bovin l'Ethiopie, mais quand même, les bestioles ont des cornes de parfois 1 mètre d'envergure. C'est pas de la vachette. Bref, je vous raconterai en live cette fois-ci.
Pour le Congo, ca y est, c'est presque terminé. J'ai 2 jours pour faire mon rapport de fin de mission et j'ai pas du tout envie parce que c'est pas facile à résumer, ni à faire la part des choses entre le professionnel et mes impressions et évolutions personnelles. Mais je vais m'y mettre quand même et laisser mes doigts glisser tous seuls sur l'alphabet : il va bien en sortir des mots et des phrases. Et puis je m'entraine en ce moment aussi.

Le plus incroyable au cours de cette mission a été de rencontrer quelques personnes impressionnantes d'expérience et de qualité humaine et d'avoir aussi ressenti tout au long de ces 11 mois une énergie constante et puissante à faire comme il me plait de vivre. Ca pose évidemment l'enigme du futur : et après ? Et bien après je verrai, pour l'instant j'ai encore plein de présent à vivre.
J'ai appris ici que si on ne connait pas le futur, ça n'est pas une raison pour en oublier le présent. Ici, le temps futur, ils l'emploient pour parler du passé "en ce temps là il me dira que non, qu'il ne pourra pas connaitre le sans emploi". Et le futur ils le résument souvent en 1 mot : queisho = demain. Mais leur demain c'est "après", "plus tard", "un jour", "on verra". Penser trop au futur, ça les empêchent d'avancer, parce qu'il faut dire que le futur ici il est un peu punk sous ses airs aux couleurs africaines.Les plus chanceux apprennent petit à petit la prévoyance. Les autres continuent leur vie au gré du jour le jour. Et je n'ai jamais vu une telle joie de vivre chez les enfants, de tels sourires et une force pareille pour endurer les chocs. Encore la relativité qui vient faire un tour : s'ils n'étaient pas forts, il seraient morts. La fatalité ça les aide. Hélas, des vautours viennent s'immiscer dans l'interprétation de cette fatalité et les églises poussent comme des champignons mortels. Ici, le paradis s'achète à coup de 10% du revenu (en cash, chèvre ou poulet, les chèques ne sont pas acceptés). Et comme personne n'en est encore revenu pour dire que le ticket modérateur c'est de l'arnaque, alors les prédicateurs enrichissent leur spiritualité à coup de billets verts, qu'ils envoient au Brésil, terre sacrée des champignons.

Et dans le bush, ils résonnent haut et fort les champignons. L'appel à la prière à partir de 5 du mat (le plus souvent avec une barre de fer tapée sur un vieux parechoc) puis suivent les chants, des voix magnifiques, et entre en scène celui qui crie et qui fait peur au nom de son Schtroumpf. Là, impossible de rester sous la moustiquaire, y a plus qu'à se lever et il est 6h15 du mat. De toutes façons, les gamins du CNT sont déjà en grande forme et finalement couvrent le bruit de toux des patients tuberculeux qui ont craché leur poumon toute la nuit .Le dimanche, tout pareil mais le progrès technique apporte la solution : des boules qies. Et puis au fur et à mesure, l'habitude et la fatigue  deviennent les meilleurs somnifères.

Les retours en "capitale" sont plus calmes, les grasses mat du dimanche possibles et les températures plus clémentes. Y a bien eu quelques nuits chaudes à Goma mais le climat était plus versé aux giboulées de coups de balle (comme on dit ici) et là, ça réveille bien. La notion de paix est extrêmement relative sous ces contrées et les "garants de la paix", les fameux casques bleus, ont du foufou sur le mortier. Se rajoutent banditisme et pillage et le tableau est complet.
Un p'tit coup de g'nou maintenant ? : à Ankoro, dans le Katanga, j'ai sauté du ponton vers le talus, pas plus de 50 cm de hauteur, et à la reception, le genou il a pas voulu continuer. Un peu mal. J'ai quand même continué mon trajet en barquette (4h) puis voiture (4h) pour arriver à Mukubu. Retour sur Lubum 2 jours plus tard, radio du g'nou, attelle platrée puis platre circulaire de la cuisse à la cheville puis Nairobi, IRM, replatre, puis Entebbe, puis Goma, puis déplatrage et replatrage (le précédent me cisaillait cuisse et cheville, quelques escarres au passage) puis enfin déplatrage définitif sans attendre la fin des  6 semaines avec au passage un bout de cuisseot en moins car le gars il avait des problèmes d'electricité et quand ça remarchait, il appuyait comme un fou sur sa scie. Forcément, ça n'a pas loupé. Puis attelle à scrach. Le tout avec béquille pour maintenir l'équilibre sur les sols caillouteux, dans les longs couloirs et sur les innombrables marches d'aéroports. Pour la douche, un peu pénible mais les gardiens me traitaient comme une princesse et m'apportaient mon sceau d'eau chaude. Maintenant, ça va,même si je le sens encore un peu faiblard. Question réeducation, pas terrible au Congo alors je bichonnerai mon genou à mon retour sur Paname.
Voilà, c'était juste un dernier petit coucou décousu avant les vrais bisous.

Merci pour tous vos messages et photos : je me les regarde régulièrement et je me dis : j'ai de la chance d'être au coeur du Congo à faire ce que je fais mais j'ai surtout de la chance d'être dans le coeur de ma famille et de mes amis.
Merci encore
Sylvie

Par la Markize
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Mardi 5 septembre 2006

J'ai des noeuds aux neurones a decouvrir la langue et l'ecriture amahrique. Des sons a tomber par terre et evidemment imprononcables. Super d'etre ici, a glandouiller comme prevu, je regarde aussi passer les charettes tirees par des chevaux un peu squeletiques mais vaillants, a boire du cafe absolument delicieux- eh oui le pays ou a ete decouvert le cafe- a manger avec les mains- ca va a peu pres, je m'en mets pas partout, a bouquiner-Denis a une bibliotheque impressionnante de geo politique. Et tout ca, en attendant la nouvelle annee car ici le calendrier demarre son annee lundi prochain. Bref, c'est ce dont j'avais besoin.
Et d,ici peu, une autre fete, celle de la brousse parisienne et de son zebre !
Pleins de bises et a tout de suite
Sylvie
Par la Markize
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